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picto La retention placentaire chez la vache ou non délivrance


en cas de non délivrance, une exploration utérine avec une hygiène rigoureuse est utile

Chez la vache, la gestion par l’éleveur ou le vétérinaire de la rétention du placenta, encore appelée non délivrance, ne fait pas vraiment consensus.

 

Pourquoi la vache est-elle sensible aux non-délivrances ?

 

La rétention placentaire est définie comme l’absence de décrochement de l’enveloppe qui entourait le veau, plus de 24 h après vêlage. Elle n’est pas évacuée naturellement, comme elle devrait l’être, par la vache, c’est la raison pour laquelle on parle aussi de « non délivrance ».

La vache est prédisposée à ce problème du fait de l’implantation particulière de son placenta, qualifiée de « placentation cotylédonaire ». Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 placentomes ou cotylédons.

Lorsqu’il est jugé nécessaire d’intervenir pour une délivrance manuelle, en s’aidant de la partie extériorisée, ce sont ces structures, ressemblant à des boutons pression, qu’il faut désengrener.

 

La délivrance manuelle est-elle toujours nécessaire ?

 

Motif d’appel plus systématique autrefois, l’extraction manuelle réalisée ou demandée par l’éleveur le rassure et semble plus hygiénique. Toutefois, son intérêt est désormais controversé.

En réalité, l’intervention augmente le risque de métrite si elle est faite dans de mauvaises conditions d’hygiène, quand elle est trop longue (au-delà de 10 min) ou provoque des lésions ou des hémorragies de l’utérus.

 

En regard, les vaches n’ayant pas délivré ont environ 3 fois plus de risque de souffrir de métrite, à cause de la putréfaction du placenta dans l’utérus et plus tard de troubles de la reproduction.

 

La vache non délivrée ne nécessite donc pas forcément de l’être, mais une exploration utérine avec une hygiène rigoureuse ainsi qu’une surveillance post-partum s’imposent !

 

De quelle façon intervenir pour limiter les risques de mal faire ?

 

Le port de gants  à usage unique est obligatoire !... de même que le lavage/désinfection du périnée comme avant toute manœuvre obstétricale. Vous trouverez toutes les informations pratiques dans votre protocole de soins.

 

Pour éviter l’infection, il est courant de déposer des oblets, parfois des crèmes antibiotiques dans l’utérus. A cette antibiothérapie locale peut être associée l’injection d’antibiotiques, et/ou d’hormones et/ou d’anti inflammatoires. Une spécialité homéopathique est également d’usage courant, même pour les éleveurs qui font peu appel à ce type de médecine.

 

Quel que soit le traitement employé, un suivi journalier de l’état général, notamment de la température et de l’appétit de la vache est nécessaire au moins une semaine. Le contrôle de l’involution et de la santé utérine vers 20 à 40 jours après vêlage est conseillé.

 

Est-il possible d’éviter les non délivrances ?

 

On estime généralement normal un taux de non délivrance inférieur à 5% des vêlages en élevage allaitant et à 10% en élevage laitier, d’où l’intérêt de les noter précisément dans le registre des soins. Au-delà, il faudra explorer les causes possibles comme une carence nutritionnelle mais également une éventuelle cause d’infection utérine par des bactéries responsables d’avortements.

 

Le risque de non délivrance est moindre chez les primipares, il augmente en cas de vêlage prématuré voire d’avortement ou au contraire quand le terme est dépassé, lors de naissance d’un veau mort, de vêlage difficile ou de jumeaux et quand on déclenche la mise-bas (avec des hormones ou des corticoïdes).

 

La ration des vaches taries doit être soigneusement calculée afin d’éviter les carences mais aussi les excès d’énergie, de protéines et de minéraux. La vache ne doit être ni trop grasse ni trop maigre au vêlage.

 

Dans cette pathologie multifactorielle, on incrimine également les carences en calcium, phosphore et magnésium, en vitamines notamment A, C et E et en oligo élements dont l’iode, le sélénium, le cuivre et le zinc.

 

Que faire si le placenta n’est pas retrouvé ?

 

Il est possible que la vache ne soit effectivement pas délivrée ou que le placenta détaché soit resté dans l’utérus : pour s’en assurer, il est indispensable de pratiquer une exploration utérine en respectant les règles d’hygiène basiques.

Mais il est fréquent qu’il ait été emporté par un chien ou mangé par la vache. La placentophagie (le fait de manger le placenta) est en effet courante chez les mammifères, y compris les herbivores.

Récemment, quelques stars américaines ont lancé la mode de l’autoconsommation de leur placenta, sous forme de smoothies ou de gélules… oups !