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picto Le ténia du porc


Le cycle de développement du ténia du porc passe par l’Homme !

Avec Tenia saginata transmis par la consommation de viande bovine, Tenia solium est l’un des deux vers solitaires pouvant infester l’Homme. Celui-ci se contamine en ingérant de la viande de porc crue ou insuffisamment cuite. Dans ce cas, il devient l’hôte définitif du parasite. Mais il peut également jouer le rôle d’hôte intermédiaire dans le cycle parasitaire. Il héberge alors les formes larvaires de Tenia solium.

 

A quoi ressemble ce parasite ?

 

T. solium ne vit que dans l’intestin grêle de l’Homme. Il mesure jusqu’à 8 m et est donc plus court que le ténia du bœuf. Son extrémité antérieure, le scolex, porte des ventouses mais aussi des crochets. On l’appelle aussi « ténia armé ». Des anneaux contenant des milliers d’œufs, les embryophores, se détachent de l’extrémité du ver et sont émis passivement dans les selles. Les anneaux ou les œufs sont décelables en réalisant une analyse de coproscopie (examen des selles au microscope).

 

Comment se manifeste la maladie chez le porc ?

 

Le porc se contamine en ingérant des selles, ou de d’eau ou des aliments souillés par les embryophores très résistants dans le milieu extérieur. Leur paroi est digérée, ils libèrent des embryons qui vont gagner les muscles, préférentiellement le cœur, la langue et le diaphragme. Ils s’y transforment en « cysticerques ». Ce sont des vésicules d’un cm environ, contenant une larve de ténia.

En cas de forte infestation, des signes cliniques sont observables : diarrhée (due à la traversée de la muqueuse intestinale par de nombreux embryophores), difficultés de mastication ou de locomotion (paralysie de certains muscles), troubles nerveux et oculaires. Sinon, l’état général n’est souvent pas affecté. Les cysticerques finissent par dégénérer et se solidifient (on parle de « calcification »).

 

Comment l’Homme se contamine-t-il et comment la maladie s’exprime-t-elle ?

 

L’Homme se contamine en mangeant de la viande de porc infestée de cysticerques (on parle de viande « ladre ») crue ou mal cuite. Il peut également s’infester par les stades larvaires de T. solium, tout comme le porc. L’autocontamination est même possible, par léchage des doigts souillés.

Si le téniasis (infestation par un ténia adulte) est généralement asymptomatique ou banal, en revanche, la cysticercose humaine (infestation par les larves) peut être grave : les cysticerques, plus ou moins nombreux, peuvent se localiser dans les muscles, sous la peau mais aussi dans l’œil où ils entrainent une perte de la vision. Pire, s’ils se trouvent dans le cerveau, où ils survivent jusqu’à 20 ans, ils provoquent des crises convulsives ressemblant à l’épilepsie. On parle alors de « neurocysticercose ».

 

 

S’agit-il d’une zoonose fréquente ?

 

Cette situation est rarement rencontrée en Europe où la viande de porc n’est traditionnellement pas consommée saignante. Le salage (contrairement au fumage) ainsi que la congélation à - 20°C détruisent les cysticerques.

De plus, il existe un contrôle vétérinaire efficace des carcasses à l’abattoir. Les porcs sont souvent plus contaminés que les bovins et les cysticerques sont bien visibles non seulement dans les muscles mais aussi à leur surface et au niveau des muqueuses.

Le téniasis à T.solium est donc aujourd’hui très rare en France métropolitaine ainsi qu’évidemment dans les communautés où la consommation de viande porcine est prohibée. Il est fréquent en régions tropicales pour de multiples raisons : promiscuité des personnes et des cochons, absence de lieux d’aisance et de locaux d’élevage, amendement des sols par des déjections humaines, inexistence ou défections des services sanitaires d’inspection des viandes ou des animaux. En 2010, l’OMS a ajouté la cysticercose humaine à T. solium à la liste des zoonoses tropicales négligées.

 

 

Quel est le traitement de la maladie ?

 

Le traitement du téniasis est facile chez le porc : il repose sur l’utilisation ponctuelle de vermifuges.

Celui de la cysticercose humaine est médical (utilisation de cestodicides pendant 1 mois), pas toujours efficace. La chirurgie est parfois nécessaire pour les larves situées dans l’œil ou le cerveau.

La prévention repose essentiellement sur le respect des règles d’hygiène élémentaires dont  le lavage des mains, notamment après être passé aux toilettes et avant de préparer ou manger des aliments.

 

Auteur : Dr Maud Lafon  

Rédigé le : 1/07/15

Source :  Equine Internal Medicine » de REED S.M.,WARWICK B.M.,DEBRA S.C.


En Europe, les conditions de contrôle et de préparation des viandes limitent les risques de contamination humaine.