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picto L’examen clinique du veau malade : Un moment clé pour réussir son traitement


L’examen clinique du veau malade :

Un moment clé pour réussir son traitement

 

Auteurs :

E. Thébaud – VET’EL

 

Sources :

- Communications de la commission vache allaitantes de la SNGTV

- J. Flahaut, A. Crozey, P. Gosset – Approche stratégique de la pathologie du veau – Support de formation – Vét’el

 

 

Avant de décider de l’attitude à adopter pour le traiter, réaliser consciencieusement l’examen clinique complet du veau malade est fondamental. Cette étape permet à l’éleveur de juger de la gravité de l’état de l’animal et de l’urgence – ou pas – à intervenir. C’est aussi grâce à cet examen qu’il est possible de décider s’il est nécessaire de faire venir le vétérinaire.

 

Quand réaliser un examen clinique ?

En élevage, 2 à 3 observations quotidiennes, à distance, sont utiles. Elles permettent de détecter des signes d’alerte qui doivent obligatoirement déclencher l’examen complet :

-          veau isolé, en retrait (en stabulation collective),

-          veau couché en permanence, difficultés à se déplacer,

-          veau qui ne tète pas,

-          veau « creux »,

-          arrière train souillé,

-          respiration difficile, bruyante, toux…

-          nez ou yeux qui coulent…

 

Où réaliser l’examen clinique ?

Un examen clinique doit se dérouler dans les meilleures conditions de travail possibles. Idéalement, il faut pouvoir se déplacer facilement autour du veau, disposer d’un bon éclairage naturel ou artificiel, ne pas être perturbé par un entourage trop bruyant. Dès que c’est possible, il est donc indispensable d’isoler le ou les malades.

 

Comment réaliser l’examen clinique ?

 

Réaliser un examen clinique complet, en travaillant de façon systématique, étape par étape, est la meilleure garantie de ne pas passer à côté d’une observation importante. Pour y parvenir, la meilleure méthode est de procéder en réalisant l’examen « l’anus à la bouche », en respectant 5 étapes clés.

 

Première étape : Observer l’état général.

Il s’agit simplement de déterminer si le veau est capable de se lever seul, s’il réagit à des stimulations simples, s’il est froid ou chaud au toucher, si ses extrémités sont froides… Un veau couché sur le côté, peu réactif et froid au toucher, est très inquiétant !

 

Deuxième étape : Prendre la température.

Pour réaliser un examen clinique correct, disposer d’un thermomètre est obligatoire ! La température normale du veau avoisine 39,5°C. Une hyperthermie (>39°5C) est généralement le signe d’une infection due à un virus ou une bactérie. Une hypothermie (< 38°C) est très inquiétante pour la santé du malade. Plus elle est marquée, plus il faudra agir vite et fort pour sauver le veau.

La prise de température fournit aussi l’occasion d’observer l’aspect des bouses. En cas de diarrhée, l’observation des matières (abondance, couleur, odeur…) ne permet jamais d’en déterminer l’origine. Elle permet néanmoins d’évaluer la gravité et d’anticiper sur le traitement (une diarrhée très liquide nécessitera certainement une réhydratation plus importante).

 

Troisième étape : les pattes, le ventre et les côtes.

L’examen du nombril est toujours important chez le veau. Un nombril chaud et/ou anormalement gonflé est le signe d’une infection ou d’une hernie. Des articulations gonflées peuvent être un signe de septicémie. Une caillette vide (ventre « creux ») indique que le malade n’a pas tété depuis quelques heures. Un veau qui « souffle » n’est pas forcément atteint aux poumons (fièvre, fracture de côte, coliques), mais l’observation de la respiration est importante : un veau calme et en bonne santé fait 20 à 30 mouvements respiratoires par minute, réguliers, avec une amplitude modérée, en gonflant les côtes et l’abdomen.

 

Quatrième étape : Le cou et les yeux.

Pour évaluer la déshydratation éventuelle (conséquence habituelle des diarrhées), il est recommandé d’examiner le pli de peau de l’encolure. En situation normale, après avoir pris le pli de peau dans la main et l’avoir relâché, la peau souple retrouve rapidement sa position. Si le pli persiste plus de 4 secondes, on peut estimer en revanche que le veau est déshydraté d’au moins 8 %.

Cet examen peut être complété par celui de l’enfoncement de l’œil. Si l’œil est enfoncé de plus de 0,5 cm, le veau est déshydraté à 10%. L’examen de l’œil se poursuit en observant la couleur de l’intérieur des paupières. Elles doivent être bien roses. Une couleur blanche est signe d’anémie. Une couleur rouge, avec des vaisseaux sanguins bien visibles sous la peau et au bord de l’œil est la marque d’une congestion. Elle peut être liée à une infection ou une irritation locale de l’œil, mais si elle concerne les deux yeux et est associée à des symptômes plus généraux (diarrhée, difficultés à respirer, difficultés à se lever…), elle doit faire penser à une septicémie.

 

Cinquième étape : la bouche.

On finira l’examen en recherchant la présence ou l’absence du réflexe de succion, l’aspect froid ou chaud et l’aspect humide ou sec de la bouche.

 

 

Comment réagir ensuite ?

 

La collecte de toutes ces observations permet d’établir un premier diagnostic. Pour savoir ensuite comment agir, reportez-vous aux indications et aux critères d’alerte figurant dans le protocole de soins remis par votre vétérinaire lors de la visite annuelle.

En cas de situation inédite, non prévue par le protocole, correspondant à un cas indiqué comme nécessitant l’appel au vétérinaire, votre examen clinique vous permettra d’expliquer en détail la situation au praticien et d’accélérer la prise en charge.

 

Photos : Examen_Veau(1).jpg

Légende : La palpation du nombril est une étape importante de l’examen du veau.

 

Examen_Veau(2).jpg

Légende : Pincer le pli de peau à l’encolure est un moyen d’évaluer la déshydratation.