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picto Parasitisme des bovins au pâturage


PARASITISME DES BOVINS AU PATURAGE :

Quelles analyses sont les plus intéressantes ?

 

Au pré, les bovins sont exposés à de nombreux parasites internes susceptibles de provoquer des lésions des organes et des troubles fonctionnels. Deux strongles sont particulièrement fréquents et pathogènes: Ostertagia localisé dans la caillette et Dictyocaulus responsable de la bronchite vermineuse. Trois parasites appartenant à la famille des trématodes : les grande et petite douves du foie, ainsi que le paramphistome, ont également un impact non négligeable sur la santé et les productions des animaux. À des fins de diagnostic ou pour contrôler la pertinence des traitements et des mesures de lutte antiparasitaire, le vétérinaire peut proposer des analyses ciblées, souvent réalisables à la clinique.

 

La coproscopie

 

L’examen microscopique des bouses ou coproscopie, permet de rechercher la présence d’œufs de strongles ou de trématodes et de larves de dictyocaules. C’est l’examen de choix pour confirmer une suspicion de bronchite vermineuse (toux d’été due aux dictyocaules).

Néanmoins, en cas de maladie due aux larves ou en début d’infestation, les œufs sont absents. Certains parasites comme la douve pondent peu et de façon intermittente. Dans les deux cas, la coproscopie est donc beaucoup moins intéressante.

En revanche, les paramphistomes excrètent beaucoup d’œufs dont le nombre est directement corrélé au nombre d’adultes présents dans le rumen… mais pas à l’intensité des symptômes.

 

Le dosage du pepsinogène dans le sang

 

Précurseur de la pepsine, le pepsinogène est secrété par la caillette. En 1ère, parfois 2ème, saison de pâturage, le parasitisme représente la principale cause de lésions de la caillette, autorisant, proportionnellement à l’intensité des lésions, le passage d’une partie du  pepsinogène dans le sang, où il peut être dosé.

En estimant le niveau d’infestation par Ostertagia, ce dosage est intéressant pour évaluer a posteriori le choix des traitements de saison de pâturage et décider du traitement de rentrée à l’étable d’un lot de jeunes bovins - voire y surseoir pour favoriser le développement de l’immunité.

 

La densité optique ou « D.O. Ostertagia »

 

Une méthode de dosage ELISA par densité optique des anticorps anti-Ostertagia dans le lait de mélange peut être utilisée pour estimer le niveau de réponse à l'infestation parasitaire.

Sauf s’il est très faible, son résultat doit être interprété en tenant compte de la situation particulière de chaque élevage.

 

La sérologie douve

 

La recherche d’anticorps spécifiques sur le sang d’animaux ayant séjourné en zone humide reste le moyen diagnostique le plus fiable pour détecter une infestation par la douve, encore très sous estimée en France.

Une analyse sur lait de tank peut aussi être demandée en fin d’automne mais son résultat est positif seulement si plus de 40% des animaux en lactation sont atteints.

 

Pour différentes raisons, les traitements antiparasitaires systématiques « à l’aveugle » sont révolus : les marges de manœuvres économiques déjà réduites s’accommodent mal de dépenses non justifiées ; les traitements excessifs contre les strongles ne permettent pas aux animaux d’acquérir une immunité protectrice contre ces parasites ; l’utilisation irraisonnée des anthelminthiques conduit au développement de résistances déjà observées à l’étranger ou chez les petits ruminants ; les médicaments antiparasitaire peuvent laisser des résidus dans la viande ou le lait… Enfin, certains ont une action délétère sur les invertébrés utiles de l’écosystème prairial.

 

Vous l’aurez compris, la gestion globale du parasitisme en élevage est complexe : parlez-en au vétérinaire lors du prochain bilan sanitaire !

 

Auteur: Dr Emmanuel THEBAUD / VET’EL

Rédigé le : 1/12/15

Source : Maladies des Bovins - 4ème édition - Institut de l’élevage/Ed. France Agricole