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picto La fourbure du cheval


La fourbure est une maladie bien connue des propriétaires de chevaux en raison de sa fréquence et de sa gravité.

Elle est caractérisée par une forte douleur dans les pieds, qui entraîne une difficulté à se déplacer, dont l’origine est diverse mais surtout alimentaire, le traitement variable suivant le stade d’évolution et le pronostic peut être sombre.


Schéma anatomique du pied du cheval

Avant toute chose...

Pour bien comprendre le problème d’apparition de la fourbure, il est nécessaire de connaître l’anatomie du pied du cheval.

Pour simplifier, le pied est constitué :

  • D’une « boîte » indéformable : le sabot, constitué de corne, et recouvert à l’intérieur de lamelles qui constituent le "kéraphylle"
  • De la 3ème phalange (os du pied) , de l’os
  • De la « chair » ou "tissu podophylleux" (podophylle), richement irrigué de vaisseaux sanguins ; ce tissu reçoit de nombreuses ramifications nerveuses qui procurent la sensibilité du pied.

 

L’engrènement du podophylle et du kéraphylle, assure l’adhésion des structures internes du pied (os et tissus mous) avec la paroi du sabot, à la manière d’un velcro.


Qu'est-ce que la fourbure ?

La fourbure est une "congestion inflammatoire" (= excès de sang) du tissu podophylleux. Le sang ne circulant plus, le pied n'est plus oxygéné, ce qui provoque l'apparition de nécrose (mort du tissu).

Cela entraîne la séparation des feuillets du podophylle et de ceux du kéraphylle (boite cornée), il y a donc perte de cohésion entre la boite cornée et la 3ème phalange. Celle-ci n'est plus soutenue et bascule vers l'avant, aidée en cela par la traction permanente exercée par les tendons.

Ces phénomènes s’accompagnent d’une douleur intense au niveau du pied.


Comment et pourquoi apparaît-elle ?

La fourbure est une manifestation au niveau du pied d’une maladie générale.

Elle est rencontrée dans 3 types de circonstances :

  • ensemble de perturbations métaboliques sévères (cas le plus fréquent),
  • inflammation locale,
  • excès des charges exercées sur un ou plusieurs pieds.

 

1. La fourbure « métabolique » :

Dans ce cas, la fourbure est la conséquence de présence de toxines (poisons naturels) dans le sang, rencontrée lors de 

- surconsommation de grain

- surconsommation d’herbe jeune (au printemps ou repousses d’automne) : c’est la cause essentielle de la fourbure des poneys

- coliques, surtout chirurgicales,

- non-délivrance de la jument après la mise-bas,

- pneumonie, péritonite, entérite,

- excès de lipides dans le sang du poney,

- maladie de Cushing du cheval âgé (excès de corticoïdes dans le sang),

 

2. Inflammation du pied :

Dans ce cas, la fourbure est d’origine infectieuse ou traumatique, « fourbure de route », conséquence d’efforts prolongés sur terrain dur, ou corps étranger entraînant une infection.

 

3. Fourbure d'origine mécanique :

Elle se rencontre lorsqu’une douleur intense sur un membre (fracture, arthrite…) entraîne une charge excessive et prolongée sur le membre opposé. C’est alors sur ce dernier qu’apparaît la fourbure.


Posture caractéristique d'un cheval atteint de fourbure

Quels sont les symptômes de la fourbure ?

Quelle que soit son origine, la fourbure se traduit par une boiterie intense et d’évolution rapide.

Elle peut concerner les quatre pieds mais n’est souvent présente que sur les antérieurs, qui supportent environ 60 % du poids du cheval.

 

Les signes de douleur sont très variables selon la gravité de la fourbure et la sensibilité du cheval. Au début, le cheval piétine, reportant son poids d’un membre sur l’autre. Ensuite, il se déplace difficilement, voire ne se déplace plus. Dans les cas les plus graves, le cheval peut rester couché et refuser de se lever.

Si la fourbure ne concerne que les antérieurs, le cheval adopte souvent une attitude antalgique caractéristique avec un report de poids sur l’arrière-main pour soulager au maximum les antérieurs (cheval campé des antérieurs et sous-lui des postérieurs).

Un cheval fourbu, adopte une attitude très caractéristique. On dit qu'il "fuit la douleur".

 

Un suivi radiologique des antérieurs sera mis en place pour évaluer un éventuel déplacement  de la 3ème phalange, et ainsi, apporter quelques éléments de pronostic et adapter un traitement orthopédique.


En quoi le traitement de la fourbure consiste-t-il ?

Le traitement de la fourbure comporte plusieurs volets :

 

Un traitement médical :

En phase aiguë, le traitement est une extrême urgence afin d’éviter la bascule de la 3ème phalange, qui est irréversible.

Dans un premier temps, on traitera la cause primaire : paraffine, diète, si la cause est digestive, antibiotique + lavage utérin, si non délivrance, perfusions

Le traitement causal sera complété par le traitement de la fourbure elle-même : anti-inflammatoire, vasodilatateur.

 

Maréchalerie :

Indispensable en cas de fourbure chronique : d’abord un parage régulier afin de soulager le sabot en pince pour décongestionner le pied et rétablir les aplombs, ensuite pose d’une ferrure qui aura pour but de soulager l'avant du pied, d'aider les talons à supporter le poids du cheval et de mettre la fourchette en appui pour empêcher la phalange de continuer sa bascule.

 

Gestion alimentaire :

Elle est nécessaire en cas de surcharge pondérale. Dans un premier temps, le cheval sera mis à la diète et retiré de la pâture. Son régime alimentaire sera exclusivement constitué de foin (le plus vieux possible), de paille et de son.

La paille sera remplacée progressivement par du foin, au bout d'environ 4 semaines.

La réintroduction de céréales (orge et avoine) doit se faire très progressivement et après au moins 8 ou 9 semaines de régime.

Pendant cette période on peu laisser le cheval brouter, un peu, sous contrôle, pendant 5 à 10 minutes par jour.

 

Soins généraux et entretien du box :

Ne jamais forcer un cheval à marcher, et prendre son temps si le déplacement est obligatoire.
Il est toutefois souhaitable que le cheval sorte de son box pour l'entretien des fonctions locomotrices. Il faut alors le mettre dans un paddock en terre, au sol assez ferme (éviter la boue ou le béton). Il se déplacera seul, sans contraintes et quand il le souhaitera.

Dans le box, il faut une litière très épaisse, pour éviter les blessures aux jarrets et genoux. La présence d'un "gâteau" d'au moins 15 cm est obligatoire, la litière ne sera rafraîchie qu'en surface. Il suffit d'utiliser du fumier d'autres boxes pour la constituer. Il faut pailler tous les jours.

Si le cheval a tendance à se gaver de paille, on choisira une litière de copeaux ou de lin.

L'idéal, étant un box en terre battue, sur laquelle on disposera une couche de 20 à 30 cm de sable. Il suffit d'enlever le crottin matin et soir et de niveler le sable de temps en temps. C'est le type de sol idéal pour permettre un appui régulier sur la sole et la fourchette et qui évitera les blessures dues au béton.